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PCF LAVAUR

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70% contre la « réforme », 3,5 millions dans la rue pour le crier

21 octobre 2010


Gagner le maximum à l’action

pour le RETRAIT du projet de loi

Le déchaînement et la perfidie des media au service du pouvoir sont à la hauteur du mouvement de fond qui s’élève contre la loi de casse des retraites et la politique du gouvernement. Intoxication, diversion, intimidation, voilà les moyens auxquels est réduit le gouvernement.

Loin de s’essouffler, la mobilisation s’est élargie de semaine après semaine : 3,5 millions de manifestants le 12 octobre atteignant des sommets historiques. Le soutien massif de la population ne se dément pas.

Loin de sonner la fin de la lutte, le vote du Sénat n’est qu’une formalité pour le pouvoir.

Aucun observateur sérieux n’a pu imaginer que les joutes sénatoriales arrêtent la loi Woerth. Le travail de dénonciation, notamment des sénateurs communistes, aura participé à la lutte qui est seule décisive. Le processus parlementaire va continuer jusqu’à la fin du mois au moins. On s’en souvient, le CPE a été mis en échec après le vote du Parlement.

Loin de se « fissurer », le mouvement rassemble, permet la convergence des luttes.

Les jeunes ont fait irruption en masse dans le mouvement parce qu’ils ont vu le lien entre les questions d’emploi, de formation et de droit à la retraite. Les parents d’élève se mobilisent. Les batailles pour l’hôpital public affrontent la même attaque contre le financement de la Sécurité sociale. Les luttes pour la défense de l’industrie, pour les salaires sont aussi, solidairement, des luttes pour le financement des retraites. La lutte commune, la victoire possible rejailliront sur toutes les luttes locales ou sectorielles.

Reproduisons le « tous ensemble » de 1995 !

L’ampleur et la profondeur du mouvement populaire ont poussé, jusqu’à présent, certaines organisations à s’inscrire dans l’opposition au projet de loi, dans le cadre unitaire, malgré des points d’accord importants avec le gouvernement (notamment sur l’allongement de la durée de cotisation, pour la CGC avec le report de l’âge de départ). La recherche de l’unité des organisations ne doit pas nuire au rassemblement des travailleurs.

Loin des media : Où est passé le MEDEF ?

Mme Parisot est-elle aux champignons ? Tout est fait pour que les véritables commanditaires et profiteurs de la casse des retraites n’apparaissent pas, pour déplacer le lieu de l’affrontement hors de l’entreprise. N’oublions pas que les firmes du CAC 40 ont engrangé 41,6 milliards d’euros de profits sur les six premiers mois de l’année, en hausse de 86%. C’est là qu’il faut frapper, au cœur du système.

La perspective est loin de se réduire l’alternative entre une version UMP et une version PS de la « réforme » des retraites.

On comprend les calculs des media qui mettent en avant le PS et son projet.

La diversion : la question immédiate, ce n’est pas ce que la gauche ferait en 2012 mais comment on gagne aujourd’hui.

L’enferment du débat dans le consensus des partis de l’alternance : le mouvement ne gagnera pas sur les propositions du PS.

En prévoyant l’allongement de la durée de cotisation, le PS rend illusoire pour le plus grand nombre la retraite à 60 ans. Il s’inscrit dans les orientations de l’UE. Martine Aubry reproche surtout au gouvernement sa méthode et vante l’exemple allemand d’une « réforme concertée » qui a abouti à la retraite à 67 ans ! Le projet PS veut augmenter la CSG et dégager encore plus le patronat en la fusionnant avec l’impôt sur le revenu.

Toute l’intox médiatique, la campagne idéologique du pouvoir visent à détourner des possibilités de gagner tout de suite, sur la base d’un rapport de force inédit depuis 1995 voire 1968. Communistes, nous mettons toute notre action dans cet objectif pour ouvrir la perspective politique.

Retrait du projet de la loi Woerth ! Plus que jamais le mot d’ordre !

C’est la revendication fédératrice immédiate. Peu importe les mots : que l’on « rejette » le projet de loi, que l’on « s’y oppose », que l’on soit « contre », qu’on demande « l’arrêt de son examen au Parlement » : tout cela revient à revendiquer le retrait. Il faut le dire clairement.

C’est un préalable indispensable à toute alternative de progrès pour les retraites. Aucune n’est imaginable sans la mise en échec du cœur du projet : la fin de la retraite à 60 ans, le report des âges de départ à 62 et 67 ans. Aucun point n’est négociable, pas plus la remise en cause de la médecine du travail que la baisse des salaires nets des fonctionnaires…

Gagner le maximum à l’action

Avec 70% de soutien à la lutte, déjà 3,5 millions de manifestants, le potentiel existe pour des actions de masse, encore plus fortes, qui touchent aux intérêts économiques du patronat, en particulier la grève. A l’inverse, le gouvernement ne manquera pas d’exploiter les initiatives isolées, sans issue, les opérations commandos, de petits groupes qui se croient « radicaux » mais se coupent en fait des travailleurs, des collègues.

Certains secteurs ont ouvert la voie en engageant déjà la grève reconductible à un haut niveau notamment les ouvriers des raffineries et les cheminots. Ces derniers jours, des actions symboliques ont montré la permanence de la lutte avant le 19 octobre, journée qui peut et doit être le point de départ de la bataille décisive pour faire plier le gouvernement.

Après, après celle du 2, le succès de la manifestation du samedi 16 octobre, la question se pose encore davantage de créer les conditions d’une entrée en grève, sous des formes adaptées, des salariés pour qui c’est encore plus difficile ou plus inhabituel.

Une impulsion nationale sur des objectifs clairs peut aussi raviver la mobilisation dans des secteurs qui se sont beaucoup battus, qui ont « beaucoup donné » ces dernières années.

L’alternative politique est dans les luttes.

Pour les retraites, l’alternative, c’est la défense et la reconquête du système solidaire par répartition. Le droit effectif à la retraite à 60 ans (à taux « plein » - 75% avec les complémentaires) pour tous passe par le retour aux 37,5 annuités (55 ans avec bonifications pour les métiers reconnus pénibles).

Cela correspond à une réalité. La durée des carrières est actuellement (hors bonifications) de 36 ans. Elle ne s’allongera pas, selon le COR lui-même (37 ans dans les années 2020). L’âge moyen d’entrée sur le marché du travail se situe entre 21 et 22 ans.

Cette référence renvoie aussi au rôle central de la cotisation sociale, part socialisée du salaire, dans notre système solidaire.

Liée solidairement à l’emploi et aux salaires, la cotisation sociale constitue un prélèvement direct, sans accumulation financière, sur la création de richesses. Abaisser le chômage et la précarité, augmenter les salaires, rétablir les cotisations patronales, supprimer les exonérations (33 milliards d’euros par an) : c’est le plus sûr moyen de prendre sur les profits, de financer nos retraites.

Gagner le retrait de la loi Woerth, le maintien de la retraite à 60 ans, c’est un enjeu politique général. En revenant sur cet acquis historique, le pouvoir veut avoir les mains libres pour accélérer encore sa politique antisociale.

Les travailleurs, en gagnant, peuvent commencer à inverser sa politique au service du capital. C’est vital pour le plus grand nombre.

L’intensification, encore, de notre lutte, à partir du 19 octobre, du 20, du 21, sera décisive !


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