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PCF LAVAUR

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La direction du PCF impose péniblement Mélenchon

20 juin 2011 - Dernier ajout 28 juin 2011


Communiqué des membres du CN qui ont proposé la candidature d’E. Dang Tran

La direction du PCF parvient péniblement à imposer Mélenchon. Des bases de résistance se développent pour faire resurgir le PCF dont les travailleurs et le pays ont besoin.

Jean-Luc Mélenchon, un socialiste, mitterrandien, maastrichien sera le candidat d’un PCF dilué dans le Front de gauche à l’élection présidentielle de 2012.

C’est une nouvelle étape du processus de destruction du PCF et de ce qu’il représente, d’intégration dans le réformisme et la social-démocratie.

Cependant, les derniers mois ont montré, plus fortement, que des dizaines d’organisations du PCF, des milliers de militants ne l’acceptent pas. Ils constituent un socle de résistance pour faire resurgir le PCF dont les travailleurs et le pays ont besoin.

L’équipe dirigeante du PCF a peiné pour arriver à ses fins. Elle n’a trouvé, dans un vote interne sous contrôle et sous influence, que l’approbation d’un adhérent sur six (deux-tiers d’abstention). C’est peu de dire que la personnalité et les positions de Mélenchon, qui sont celles du Front de gauche, n’ont suscité aucun engouement. Les pressions des directions, à commencer par les annonces du secrétaire national Pierre Laurent, ont été d’une inconcevable lourdeur. Aucun débat national n’a été organisé. Dès le départ, la discussion a été orientée unilatéralement. La résolution du Conseil national du 8 avril la refermait sur les deux candidatures « Front de gauche ». Pendant des mois, les communistes n’ont reçu du CN ou de l’Huma aucun élément d’information sur tout autre choix.

Plus fondamentalement, la direction du Parti a annulé le congrès prévu justement en juin 2011. Elle a empêché les communistes de définir leurs objectifs pour 2011 et 2012, d’élaborer démocratiquement un programme communiste, qui aurait dû être la base de notre recherche de rassemblement. Elle a choisi d’enfermer le débat interne dans des questions de personne, des enjeux politiciens et électoralistes, à l’opposé de ce que devrait porter le vote communiste. Les marchandages, qui continuent, avec le PG pour les places aux législatives illustrent lamentablement la « nouvelle façon de faire de la politique » du Front de gauche.

Dans ce contexte, le choix que nous avons pris collectivement de présenter la candidature d’Emmanuel Dang Tran a été salutaire.

A contre-courant du cadre imposé des débats, dans les limites où notre voix a pu se faire entendre, nous avons engagé la discussion sur le fond de la ligne politique du Front de gauche. Nous avons témoigné que toutes les organisations du PCF ne se résignaient pas au déclin du Parti, à la recherche d’arrangements à court-terme pour les prochaines élections, à des calculs politiciens. Nous sommes allés à la rencontre de centaines de communistes souvent laissés à l’écart de la vie du Parti, de salariés, de paysans, de jeunes. Un programme communiste, une organisation de classe pour le mettre en avant, pour rassembler largement face à la politique du capital : oui, c’est toujours d’actualité pour beaucoup !

La cohérence politique de notre démarche a rencontré un écho que le résultat du vote interne ne traduit que très partiellement (2000 voix). Le maintien final de la candidature d’André Chassaigne a brouillé le sens du vote. Prétendre aujourd’hui que « 96% des communistes se sont prononcés pour le Front de gauche » relève de la supercherie. On ne leur jamais demandé leur avis en congrès.

Le fait accompli laissera des traces. Il conduit à une impasse.

Les questions de fond vont revenir tout de suite et l’on peut compter sur nous pour les poser. La candidature Mélenchon et la stratégie du Front de gauche n’y répondront pas.

Les grandes mobilisations, comme celle des cheminots pour le service public le 16 juin, celles des salariés de nombreuses entreprises pour les salaires, les luttes pour la sauvegarde de l’industrie - un combat brûlant pour les communistes - pour la protection sociale, l’écho des mouvements populaires de Grèce ou d’Afrique du Nord appellent des propositions de rupture et non d’aménagement du capitalisme.

L’illusion semée sur la possibilité de « peser à gauche » dans une majorité parlementaire social-démocrate fera long feu.

L’illusion de la réorientation de l’UE du capital ne tiendra pas devant la nécessité, pour que les luttes puissent gagner, de la remise en cause de l’application des traités et directives européens, de l’euro. La période qui s’ouvre sera de plus en plus écrasée par la campagne électorale.

Le Front de gauche porte dangereusement la dilution du PCF dans un ensemble social-démocrate où Mélenchon reproduirait en petit, en farce, le coup de Mitterrand des années 70.

Notre priorité sera de mettre en avant à tous les niveaux dans le Parti, de la cellule au Conseil national, d’impulser dans les entreprises, les quartiers, les campagnes, des propositions communistes, des actions partant du mouvement populaire.

L’exigence reste pleine et entière de l’élaboration, non d’un « programme partagé pour la gauche » mais d’un programme communiste, portant un projet de société face au capitalisme, le socialisme. Nous allons continuer y contribuer.

Le maintien et de la reconstitution des organisations de classe du Parti, la cellule, la cellule d’entreprise, la section sont plus nécessaires que jamais pour le rassemblement et l’intervention politiques de ceux qui ont le plus intérêt à combattre le capitalisme. Nous allons nous y consacrer. « Fais attention au Parti comme à la prunelle de tes yeux ! » recommandait Maurice Thorez.

Loin des combinaisons du Front de gauche, de la « métamorphose » du PCF en comités électoraux du Front de gauche, nous continuerons à relever le défi de faire vivre et de renforcer le PCF. Et nous serons de plus en plus nombreux pour cela !

Notamment à la Fête de l’Huma 2011 qui doit rester la Fête des communistes.

Stéphane AURIOL (PCF-RATP, CN 2005-2008), Corinne BECOURT (PCF 02, CN), Frédéric BERNABE (PCF 70, CN), Emmanuel DANG TRAN (PCF 75, CN), Fabienne DEBEAUVAIS (PCF 80, CN), Claude FAINZANG (PCF 75, CN), Eric JALADE (PCF 81, CN) ; Dominique NEGRI (PCF 38, CN)


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