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PCF LAVAUR

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HOMMAGE A HENRI ALLEG

27 juillet 2013


Henri Alleg est mort le 17 juillet 2013, à la veille de ses 92 ans. Jusqu’il y a à peine un an, avant qu’un accident de santé le freine, Henri restait un infatigable militant communiste. Pour beaucoup, dont remarquablement de nombreux jeunes, Henri constituait un repère, un référent, notamment dans les débats secouant le PCF et le mouvement communiste français.

Toujours disponible, toujours guidé par le marxisme-léninisme, toujours subtilement attentif à l’état des luttes et aux conditions du rassemblement, Henri a été jusqu’au bout un précieux conseil, un acteur entier du maintien et du renforcement d’un parti communiste authentique en France.

Sa mort invite à revisiter l’ensemble de son œuvre militante communiste, internationaliste, dont une part essentielle s’est déroulée en Algérie. Déjà la parution de ses « Mémoires algériennes » avait été l’occasion d’échanges passionnants.

Le nom d’Henri Alleg est lié à « la Question », ce témoignage implacable, au retentissement mondial, contre la torture pratiquée par la puissance impérialiste française. Elle lui vaut aujourd’hui l’hommage d’héritiers directs des forces politiques qui défendirent le colonialisme, jusqu’au sommet de l’Etat, de personnages et d’organisations profondément anticommunistes. Ce n’est pas grave. Tant mieux peut-être.

L’engagement d’Henri Alleg dans la guerre d’indépendance du peuple algérien après 1954 découlait naturellement des positions et de l’action anticolonialistes du Parti communiste algérien. La réaction colonialiste connaissait l’un de ses pires ennemis. Elle ne manqua pas d’interdire en 1955 le PCA et le journal Alger Républicain dont Henri Alleg était directeur.

Pourchassé, arrêté en 1957, Henri Alleg subit le sort réservé à tous les patriotes et combattants anticolonialistes algériens. Comme beaucoup de héros de toutes origines, il résiste et ne parle pas sous la torture. Comme un certain nombre, au gré des circonstances, il n’est pas assassiné, comme si tristement son camarade Maurice Audin.

Doté d’une détermination intacte, d’une la plume exceptionnelle de militant journaliste, il parvient à écrire et faire sortir du bagne les feuillets de « la Question », transmis et retranscrits en France par sa femme Gilberte, décédée il y a deux ans et indissociable, dans l’hommage communiste, au souvenir d’Henri.

Tous les engagements particuliers, précieux et féconds en eux-mêmes, d’Henri Alleg sont inclus dans l’engagement communiste global qui l’a animé et renforcé.

Ses écrits contre la torture sont toujours d’actualité, toujours repris. Elle reste pratiquée partout dans le monde, et est même légalisée par les Etats-Unis.

Henri Alleg et ses camarades du PCA se sont dressés contre le racisme. Il représentait le système d’exploitation du peuple algérien, dans toutes ses composantes, pour le colonialisme, comme il reste une arme de division des travailleurs.

Ils ont combattu fondamentalement le colonialisme, bien identifié comme une forme historique de l’impérialisme et du capitalisme. Ils ont combattu l’impérialisme et le capitalisme armés de la perspective de révolution socialiste, de l’exemple d’octobre 1917, de la théorie marxiste-léniniste.

Tout cela a composé un tout.

L’action d’Henri, dans les années 40 et au début des années 50, à la tête de Jeunesse communiste algérienne, dans le PCA, avec l’instrument unique qu’était en parallèle Alger républicain est exaltante et exemplaire.

Dans les conditions si spéciales, si dures, de la colonisation en Algérie, les camarades du PCA font le choix courageux et nécessaire d’aller vers toutes les composantes de la classe ouvrière, vers les plus exploitées, des docks aux mines, aux exploitations d’alfa, d’organiser leur colère et leurs luttes. Cela à contre-courant de tout, même de préjugés répandus en interne.

Après l’indépendance, les forces nationalistes bourgeoises algériennes arrivant au pouvoir, prêtes à une forme de socialisme non marxiste ne sont pas disposées à laisser de place au PCA, même à un héros de la notoriété d’Henri Alleg. Il doit quitter son pays d’adoption en 1965, tout en continuant à militer au PAGS, successeur du PCA et jusqu’au bout aux côtés de ses camarades algériens. En France, il adhère au PCF. L’Humanité, organe central du Parti, a recours à sa plume. Il en devient secrétaire général. Il multiplie les articles de grand reporter, rédige plusieurs livres notamment sur les Etats-Unis, la Chine. Il demeure plus que jamais un militant, en France avec toujours un œil de l’autre côté de la Méditerranée.

Sa conviction et son expérience l’ont conduit à exprimer ses désaccords avec les abandons théoriques successifs du PCF à partir des années 70 puis à s’inscrire ouvertement dans l’opposition au processus liquidateur engagé après le sabotage gorbatchévien de l’URSS. Il a toujours refusé de jeter le bébé avec l’eau du bain et l’a dit publiquement, de plus en plus fort à partir des années 90 quand il participe à l’organisation des communistes pour continuer notre Parti. Toute la vie de militant communiste internationaliste d’Henri Alleg a été empreinte d’une forte cohérence, quelle que soit le pays et l’époque.

Son passé héroïque et célébré fait taire, du moins édulcore les critiques de nos adversaires de classe. En fait peut-être pas tant en réalité que son absence de dogmatisme, son honnêteté intellectuelle, sa conviction et sa force de conviction. Ces qualités étaient inséparables de sa modestie.

Ce sont elles en tout cas qui continueront à inspirer et nourrir notre engagement et nos combats dans un mouvement communiste où Henri Alleg aura joué un grand rôle !

Nous adressons nos condoléances les plus attristées à toute sa famille, à ses camarades algériens du PADS, à ses compagnons d’Agir contre le colonialisme aujourd’hui, à tous les communistes qui l’estimaient.

Les obsèques auront lieu au funérarium du Père Lachaise, lundi 29 juillet 2013, à 10h30.


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